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04 juillet 2016

La photo de concerts

Après ma première épiphanie, me voilà donc lancé, muni de mon apn à la chasse aux concerts. Trouver des concerts gratuits ou à moindre coût à Paris est assez aisé. D'autant plus qu'en tant que musicien, je connaissais quelques petites salles où de jeunes (ou moins jeunes) groupes talentueux ou prometteurs pouvaient se produire.

La photographie de concert a ça d'intéressant qu'elle comporte une grande part d'imprévisible et de surprises (parfois bonnes, parfois mauvaises). Quoiqu'il en soit, je vais un peu changer de format ici et en profiter pour vous donner quelques astuces tirées de mon expérience dans ce domaine.




La première chose que j'ai dû faire, c'est une déconstruction, suite à ce qu'un autre photographe un peu trop prétentieux m'avait affirmé, concernant la balance des blancs.
En effet, celui-ci préconisait de préparer la BdB avant le début du concert, pendant la mise en place du plateau ou pendant le changement de plateau.
Alors NON ! Cela ne sert à RIEN et je vais vous dire pourquoi :

Avant le concert ou pendant le changement de plateau, vous avez une lumière d'éclairage ambiant qui n'a absolument rien à voir avec les lights que vous aurez pendant la prestation! Si bien que la BdB que vous avez préparé avant, vous pourriez faire des papillotes avec si elle était sous forme de papier. "Comment faire ?" Et bien voici :
- Shootez en RAW ! Ainsi, vous pouvez régler votre BdB au développement, dans Camera Raw ou Lightroom (Oui, lightroom, c'est du développement, pas de la retouche !)
- Mettez vous en BdB automatique ou mieux, en lumière du jour. En automatique, votre apn fera son possible pour ajuster la meilleure BdB. Cela dit, le problème est que ce calcul incessant a de fortes chances de mettre à mal vos batteries. C'est pourquoi, des 2 méthodes, je préfère encore me régler sur lumière du jour. De toutes manières, je corrige cela au développement dans Lightroom.

 La deuxième chose importante est d'avoir un objectif lumineux.
Dans la majorité des cas, la lumière sera insuffisante, et vous serez obligés de monter en ISOS.
Un objectif qui ouvre à f/1.4 ou f/1.8 est à préconiser.
Qui plus est, sachez que pour augmenter la sensibilité, un apn amplifie le signal numérique par une hausse du signal électrique. Et ça consomme de la batterie. Donc plus vous devez monter en sensibilité, plus votre batterie risque de se décharger rapidement. D'où l'intérêt d'avoir un objectif lumineux.
Et en environnement sombre, l'autofocus sera beaucoup plus poussif  et consomme d'avantage d'énergie.

La troisième chose, c'est de prévoir un objectif avec un angle suffisamment grand.
Dans une petite salle, si vous voulez prendre la totalité du groupe, vous risquez de vous trouver bloqués par un mur.
le 35mm me parait l'objectif idéal. Même avec mon 50mm, j'ai parfois été limité.

La quatrième chose à savoir, c'est que vous n'êtes pas le seul photographe, et que comme partout, il y a des personnes sympas et il y a des connards (N'ayant partagé le devant de la scène qu'avec une photographe femme sympa, je ne sais pas si il y a aussi des connasses. Probablement).
Alors, je vais vous faire le coup de la différence entre le bon photographe de concert et le mauvais photographe de concert ? Non, enfin presque.
La bonne attitude entre photographes de concerts, consiste à ne pas se gêner les uns les autres, et à laisser le champ libre à ses collègues quand on les voit en train de faire la mise au point.
Il n'empêche qu'il y a de gros abrutis qui auront l'amabilité de venir se placer juste devant vous à ce moment là pour faire leur photo.
Trois attitudes sont possibles à ce moment là :
- Profiter du changement de plateau pour une discussion à l'amiable. Mais d'expérience, le photographe connard est tout simplement un connard dans la vie et te dira qu'il n'en a rien à foutre.
- Faire de même avec eux de manière systématique, jusqu'à ce qu'ils râlent, et à ce moment, leur répondre bien fort à l'oreille : 'T'as vu comment c'est casse-couille, hein ?!"
- L'autre attitude, plus violente, c'est lorsqu'ils font ça, de les bousculer violemment, quitte à les faire tomber, pour reprendre sa mise au point.

La cinquième chose à savoir, c'est que mieux vous connaissez un groupe, plus vous pouvez anticiper leurs actions ( sauts sur scène, headbang, gestuelles , mimiques...) et saisir des moments forts.

La sixième chose à intégrer dans ses habitudes, c'est de toujours avoir le pare-soleil et un filtre UV sur son objectif. Non pas pour des raisons de lumière ou de flare. Pas du tout ! Non, uniquement parce que vous n'êtes pas à l'abri d'un geste fatal de la part d'une personne du public, surtout dans les concerts de metal, ou de punk. Les pogos peuvent être particulièrement violents et houleux; un mouvement malencontreux en direction de votre objectif est d'une grande probabilité.

Le truc imprévisible en concert, c'est la lumière. Tel un chasseur ou un prédateur, vous vous devez d'être à l'affut du moment opportun, le moment magique entre l'attitude des musiciens et la lumière qui les met en valeur.
Ce côté imprévisible a aussi un mauvais côté. Dans certaines salles, la lumière est tellement pourrie, que vous ne pourrez rien shooter de bon. Mon conseil, lorsque cela, arrive, c'est tout simplement de ranger votre apn. Vous n'obtiendrez rien d'autre que de la frustration.


N'oubliez jamais que les petits groupes sont friands de photos car ils en ont besoin pour construire leurs pages, leurs réseaux sociaux et les rendre consistants. C'est une opportunité pour vous, photographe, de pouvoir exercer votre passion.

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