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19 juillet 2016

Seconde renaissance: la découverte de Steve Hiett


Année 2013, au salon de la photo au parc des expositions de Versailles !



Je n'y étais encore jamais allé; Je fus surpris à mon arrivée, de voir autant de monde présent. Il est difficile d'y circuler.

La majorité des visiteurs me parait constituée d'une horde de geeks atteints de fièvre acheteuse venant prospecter les sorties de nouveau matériel.
Je vois quelques égos surdimensionnés se confronter, et je préfère m'en éloigner.

En un peu moins d'une demi-journée, j'avais fait le tour des stands et sans être totalement déçu, je n'avais pas non plus l'impression d'avoir vécu une aventure exceptionnelle.

Et alors même que je me préparais à quitter les lieux, au milieu du brouhaha, j'entends l'annonce indiquant que la prochaine conférence avec Yann Morvan s'apprête à démarrer.
Je marche donc jusqu'au fond de l'expo ou se trouve l'espace des conférences. C'est bien plus calme ici. Manifestement, les visiteurs préfèrent satisfaire leur soif d'achats plutôt qu'apprendre des grands. Mais bon, après tout: "chacun fait fait fait, c'qui lui plait plait plait..."

Je commençais enfin à trouver un réel intérêt à ce salon.
J'enchainais les conférences, ravi de pouvoir avoir un aperçu sur la vision de grands noms de la photographie.

Arrive le tour de Steve Hiett, et là, ce fût pour moi le choc.
Avant tout, laissez moi vous présenter brièvement le personnage.



Photographe de mode, musicien, directeur artistique, né en 1940, a étudié les arts graphiques; a publié dans Nova, Vogue, Marie Claire. Il a également photographié Jimi Hendrix lors de son passage sur l'Ile de Wright !

Jusqu'alors, je n'étais qu'assez lointainement intéressé par la photographie de mode, et lorsque ses photos furent projetées, quelque chose en moi a résonné !
Il y avait une telle force dans l'esthétisme, les postures, les couleurs, le cadrage que je fus littéralement subjugué.
C'est là que j'ai compris ce que je voulais faire et le but que je cherche toujours à accomplir: Retranscrire cet force esthétique ! Trouver cet équilibre parfait entre la beauté du corps, du vêtement, du cadre...

Cependant, saisir la vision de Steve Hiett est une chose qui me parait être une quête du Graal. il faut dire que ce monsieur est ce que je décrirais comme un pur intuitif. Au sujet de ses photos, il a toujours cette explication : "Je ne sais pas trop, je ne guide pas les modèles, je les laisse faire, et là, je vois le truc, je le sens, je déclenche ! Et voilà !"

A t'il si profondément intégré son apprentissage en études d'arts graphiques que tout est devenu intuitif, ou a t-il toujours eu ce don en lui, cette intuition esthétique exceptionnelle?
C'est une question qui me hante depuis ce jour.

Sa démarche me fait penser à ces photographes de génie publiant chez National Geographic, qui savent saisir LE moment qui nous laisse tous bouche bée.
C'est une démarche qui est totalement hors-norme dans la photographie de mode, où d'usage, le moindre détail est sous contrôle, choisi avec la plus fine attention.

Quoiqu'il en soit, c'est à partir de ce moment là que je me suis mis en quête de mon premier modèle. Étape qui fera l'objet de mon prochain billet

En attendant, j'ai réalisé une vidéo (en anglais) dans laquelle je tente une analyse de 4 photos de Steve Hiett.







07 juillet 2016

Le retour à l'argentique

Alors que j'écumais les salles de concert, photographiant divers groupes, et que je ne me souvenais même plus de mon enfance à l'argentique, je ne sais ni pourquoi, ni comment, l'envie d'en faire s'est manifesté.

J'ai commencé à cherché sur les sites de vente d'occasion, quels étaient les prix de ces vieilles boites.
Quelle n'a pas été ma surprise de voir que les prix étaient parfois tout aussi élevés que certains numériques récents !

Il me fallait donc être judicieux, fouiner pour trouver un argentique abordable et qualitatif. C'est par la même occasion que j'ai découvert ce qu'était le moyen format. Ce format qui est en fait plus large que le full frame, que je croyais être le summum.

Mon choix, c'est orienté, question de budget, sur un Bronica ETRSi, appareil au format 6x4.5
(60mm x 45mm, alors que le full frame est de 24mm x 36mm)





Lorsque l'on commence à s'intéresser au fonctionnement d'un appareil argentique de cette catégorie, on se sent un peu désœuvré face à tous ces paramètres manuels qu'il faut prendre en compte pour son utilisation. Mais, en vieux linuxien, je suis une de ces personnes qui lisent ces putains de manuels.
Alors j'ai RTFM (read this fine/fucking manual) !

Et je me suis aventuré dans Paris, à photographier, tout et n'importe quoi.
Une des contraintes avec lesquelles on compose lorsqu'on vient du numérique, c'est qu'on ne peut pas changer de sensibilité ISO comme ça. (Bon, sauf avec la Portra, mais ça, je l'ai appris 2 ans plus tard).

Et une fois que l'on a grillé quelques pellicules, et bien, il faut (faire) développer les films.
Croyez-moi ou non, une peur stupide m'habitant, j'ai mis 4 mois avant d'amener mes films dans un labo. Et oui, j'avais peur que ces experts du labo se foutent de ma gueule si j'avais raté toutes mes photos.
C'est ma compagne qui m'a décidé à franchir le pas. En effet, comme elle m'a fait remarqué, ces personnes, tout d'abord, sont juste là pour faire leur boulot, et n'en ont rien à foutre que tu te sois viandé ; et ensuite, un véritable pro aura plutôt l'humilité de te conseiller et non de t'enfoncer. En plus, si il te pourrit la gueule, il perd au moins un client !

Bon, évidemment, il y avait un taux de déchets très important dans mes négatifs. Mais tout compte fait, pas plus qu'en numérique. Ça coûte juste plus cher en argentique...

Quoiqu'il en soit, il y avait parmi ces déchets quelques photos qui m'ont vraiment surpris par les qualités intrinsèques du support argentique, dont celle-ci, prise au salon de la photo 2013. (Salon très important et très décisif dans la suite de ma pratique photographique, mais ça, ce sera le sujet du prochain billet) :



Audi R8 - Bronica ETRSi - Kodak Ektar 100

04 juillet 2016

La photo de concerts

Après ma première épiphanie, me voilà donc lancé, muni de mon apn à la chasse aux concerts. Trouver des concerts gratuits ou à moindre coût à Paris est assez aisé. D'autant plus qu'en tant que musicien, je connaissais quelques petites salles où de jeunes (ou moins jeunes) groupes talentueux ou prometteurs pouvaient se produire.

La photographie de concert a ça d'intéressant qu'elle comporte une grande part d'imprévisible et de surprises (parfois bonnes, parfois mauvaises). Quoiqu'il en soit, je vais un peu changer de format ici et en profiter pour vous donner quelques astuces tirées de mon expérience dans ce domaine.




La première chose que j'ai dû faire, c'est une déconstruction, suite à ce qu'un autre photographe un peu trop prétentieux m'avait affirmé, concernant la balance des blancs.
En effet, celui-ci préconisait de préparer la BdB avant le début du concert, pendant la mise en place du plateau ou pendant le changement de plateau.
Alors NON ! Cela ne sert à RIEN et je vais vous dire pourquoi :

Avant le concert ou pendant le changement de plateau, vous avez une lumière d'éclairage ambiant qui n'a absolument rien à voir avec les lights que vous aurez pendant la prestation! Si bien que la BdB que vous avez préparé avant, vous pourriez faire des papillotes avec si elle était sous forme de papier. "Comment faire ?" Et bien voici :
- Shootez en RAW ! Ainsi, vous pouvez régler votre BdB au développement, dans Camera Raw ou Lightroom (Oui, lightroom, c'est du développement, pas de la retouche !)
- Mettez vous en BdB automatique ou mieux, en lumière du jour. En automatique, votre apn fera son possible pour ajuster la meilleure BdB. Cela dit, le problème est que ce calcul incessant a de fortes chances de mettre à mal vos batteries. C'est pourquoi, des 2 méthodes, je préfère encore me régler sur lumière du jour. De toutes manières, je corrige cela au développement dans Lightroom.

 La deuxième chose importante est d'avoir un objectif lumineux.
Dans la majorité des cas, la lumière sera insuffisante, et vous serez obligés de monter en ISOS.
Un objectif qui ouvre à f/1.4 ou f/1.8 est à préconiser.
Qui plus est, sachez que pour augmenter la sensibilité, un apn amplifie le signal numérique par une hausse du signal électrique. Et ça consomme de la batterie. Donc plus vous devez monter en sensibilité, plus votre batterie risque de se décharger rapidement. D'où l'intérêt d'avoir un objectif lumineux.
Et en environnement sombre, l'autofocus sera beaucoup plus poussif  et consomme d'avantage d'énergie.

La troisième chose, c'est de prévoir un objectif avec un angle suffisamment grand.
Dans une petite salle, si vous voulez prendre la totalité du groupe, vous risquez de vous trouver bloqués par un mur.
le 35mm me parait l'objectif idéal. Même avec mon 50mm, j'ai parfois été limité.

La quatrième chose à savoir, c'est que vous n'êtes pas le seul photographe, et que comme partout, il y a des personnes sympas et il y a des connards (N'ayant partagé le devant de la scène qu'avec une photographe femme sympa, je ne sais pas si il y a aussi des connasses. Probablement).
Alors, je vais vous faire le coup de la différence entre le bon photographe de concert et le mauvais photographe de concert ? Non, enfin presque.
La bonne attitude entre photographes de concerts, consiste à ne pas se gêner les uns les autres, et à laisser le champ libre à ses collègues quand on les voit en train de faire la mise au point.
Il n'empêche qu'il y a de gros abrutis qui auront l'amabilité de venir se placer juste devant vous à ce moment là pour faire leur photo.
Trois attitudes sont possibles à ce moment là :
- Profiter du changement de plateau pour une discussion à l'amiable. Mais d'expérience, le photographe connard est tout simplement un connard dans la vie et te dira qu'il n'en a rien à foutre.
- Faire de même avec eux de manière systématique, jusqu'à ce qu'ils râlent, et à ce moment, leur répondre bien fort à l'oreille : 'T'as vu comment c'est casse-couille, hein ?!"
- L'autre attitude, plus violente, c'est lorsqu'ils font ça, de les bousculer violemment, quitte à les faire tomber, pour reprendre sa mise au point.

La cinquième chose à savoir, c'est que mieux vous connaissez un groupe, plus vous pouvez anticiper leurs actions ( sauts sur scène, headbang, gestuelles , mimiques...) et saisir des moments forts.

La sixième chose à intégrer dans ses habitudes, c'est de toujours avoir le pare-soleil et un filtre UV sur son objectif. Non pas pour des raisons de lumière ou de flare. Pas du tout ! Non, uniquement parce que vous n'êtes pas à l'abri d'un geste fatal de la part d'une personne du public, surtout dans les concerts de metal, ou de punk. Les pogos peuvent être particulièrement violents et houleux; un mouvement malencontreux en direction de votre objectif est d'une grande probabilité.

Le truc imprévisible en concert, c'est la lumière. Tel un chasseur ou un prédateur, vous vous devez d'être à l'affut du moment opportun, le moment magique entre l'attitude des musiciens et la lumière qui les met en valeur.
Ce côté imprévisible a aussi un mauvais côté. Dans certaines salles, la lumière est tellement pourrie, que vous ne pourrez rien shooter de bon. Mon conseil, lorsque cela, arrive, c'est tout simplement de ranger votre apn. Vous n'obtiendrez rien d'autre que de la frustration.


N'oubliez jamais que les petits groupes sont friands de photos car ils en ont besoin pour construire leurs pages, leurs réseaux sociaux et les rendre consistants. C'est une opportunité pour vous, photographe, de pouvoir exercer votre passion.

02 juillet 2016

Un premier pas vers l'humain

Certes, photographier des fleurs, c'est bien. C'est très bien même ! Mais à moins de vouloir faire de la botanique sa spécialité, ce qui sous-entend de connaître les noms latins et vernaculaires de nombreuses espèces, il faut évoluer.

L'évolution s'est faite, plus ou moins malgré moi.

Il faisait chaud, été 2013, Paris plage venait d'ouvrir, et j'étais donc parti photographier des fleurs, je ne sais plus dans quel jardin parisien. et je n'avais absolument rien photographié.
A ce moment, je ne sais plus par quel hasard, j'apprends que la mairie de Paris organise des concert en plein air gratuits. J'appelle, mon guitariste, pour lui proposer de voir ces concerts.
Et nous voilà parti pour y assister.

La place de la mairie est bondée de monde, et les moyens techniques mis en œuvre par la ville de Paris sont assez impressionnants ! Et alors que je me trouve là au milieu de cette foule, je vois toutes ces personnes en train de capturer des photos avec des smartphones, des compacts, des bridges, des réflex...
Et là, je me dis : "Bah pourquoi pas tenter". J'avoue, sans grande conviction.

Et je commence à shooter comme je peux,  les bras tendus  vers le ciel pour viser au dessus de la foule, écran rabattu vers le sol pour pouvoir cadrer.

3 groupes plus tard, on commence à fatiguer, et chacun rentre chez soi.

Je ne regarde les photos que le lendemain, et là, quelle surprise ! Dans le lot de photos relativement correctes, il en est une qui, à juste titre, sort du lot :


(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)


(Groupe : Lily-wood & the Prick)

Cette photo demeure à ce jour la meilleure photo de concert que j'ai réussi à prendre. Ou tout du moins, la photo de concert dont je suis le plus fier.

Une grande révélation se fait à moi. En effet, je suis musicien, je vais voir plein de groupes jouer, pourquoi ne pas prendre des photos de ces évènements ?

Un petit pas vers l'humain. Un grand pas pour le photographe !