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30 juin 2016

L'étape essentielle de la photographie de fleurs

"Que le photographe qui n'a jamais photographié une fleur me jette la première pierre !"






Si une bible du photographe était écrite, cette phrase devrait en faire partie.
Côté matériel, j'ai donc abandonné mon Sony a250 pour évoluer vers le Sony A77.





Mes luttes avec les réglages de bases, que j'évoque dans le précédent billet, sont amoindries. Je fais toujours des erreurs, mais je me ré-intéresse petit à petit à mon environnement.

Et comme tout apprenti-photographe, on finit toujours, à un moment ou à un autre, par aller dans un jardin, et par se pencher sur une fleur.
Bien que certains trouveront cela puéril, gnan-gnan, ou autres, c'est un exercice qui a de fortes valeurs pédagogiques.

Le premier élément que l'on apprendra à prendre en compte avec la photographie florale, c'est la gestion des couleurs, et tout particulièrement du vert.

Le vert est une couleur très particulière, très abondante à l'état naturel. Et l’œil humain est particulièrement adapté à la captation de la teinte verte.
Nous sommes si sensibles à la couleur verte et à toutes ses nuances, que les capteurs des appareils photos ou les écrans nécessitent de traiter plus d'informations pour pouvoir la capter et la restituer.

C'est pourquoi, bien photographier le vert, de manière à ce qu'il ne soit pas trop présent, ni trop absent, est une étape importante de l'apprentissage photographique.

Mais revenons-en aux fleurs en elles-mêmes. Je ne pense pas me tromper en affirmant que : La première chose à quoi pense l'esprit humain lorsqu'on lui évoque le mot fleur, est la couleur.

Cette multitude de couleurs est une aubaine pour l'apprenti-photographe. Ainsi, il convient, à mon goût de souvent photographier des fleurs, et de s'attacher à faire en sorte de restituer les couleurs, ou de faire ressortir une couleur en particulier.
Et vous constaterez aussi les difficultés de contrastes que cela engendre. Bien exposer le bleu profond ou le pourpre, le rouge vif, lorsqu'il côtoie le blanc est une initiation au choix d'exposition que l'on aura à faire durant toute sa vie de photographe.

L'autre caractéristique des fleurs à laquelle on ne pense pas de prime à bord, est la texture. "Mais comment restituer la texture ?", me demanderaient certains. Par la luminosité et son orientation.
Voici une autre des leçons importantes que la nature florale va vous enseigner !
Cherchez la direction lumineuse qui restituera au mieux la texture de la pétale que vous essayer de capter. Pour cela, le temps sera votre allié. Du matin, au soir, cherchez le meilleur moment. Et notez quelque part vos observations. Et essayez de reproduire le résultat, pour valider vos observations.

La profondeur de champ... La nature n'a pas fini de vous donner des leçons ! Dans l'abondance des végétaux, attachez vous à isoler une fleur de ses congénères, en expérimentant, avec votre distance vis-à-vis d'elle, l'ouverture de votre diaphragme, la distance entre les fleurs...

La composition, le cadre, la règle des tiers ! Autant de notions de photographies peuvent servir d'entrainement avec les fleurs.

Aussi expérimentés que vous puissiez être, revenez fréquemment à cet exercice de photographie florale. Il est riche en enseignements, et peut se comparer à un exercice de maintien en forme comme peut l'être une séance d'exercice physique.


28 juin 2016

Le premier Reflex ou " L'apprentissage par la douleur ".

Après quelques années d'utilisation, mon loyal compact Fuji finit par rendre définitivement l'âme. C'est la crise !

Entre temps, j'avais réussi à trouver un emploi, et jouissait donc de la possibilité de le remplacer sans avoir à dépendre de la charité de mes parents.

Alors que j'errais dans un Cash Converter, à la recherche de tout et de rien, je tombe sur la vitrine où sont disposés les appareils photos et là, je suis pris d'une crise d'achat compulsif, et demande à un des vendeurs lesquels parmi ceux-ci sont des réflex.
Le choix était plus que limité, et seul un Sony @alpha a250 en était un! Compte-tenu de son prix très accessible, je me lance à l'aventure !
Le p'tiot était accompagné d'un objectif standard 18-55mm, de qualité juste correcte!





Et là, je découvre le fait que la photographie, ce n'est pas qu'appuyer sur un bouton. Fini l'esprit lomo ! Plus d'assistance car je me décide à tout faire en mode manuel. Et ce fût parti pour un florilège de flous de bougés, de sous-expositions, de sur-expositions, de gros n'importe quoi.

Seule photo potable que j'ai réussi à retrouver (Myspace ayant, dans sa migration, supprimé toutes mes photos), étant celle-ci:





Je suis bien incapable de me souvenir de ce que j'ai pu photographier avec ce reflex. Seule la pénibilité de l'exercice me revient en tête lorsque j'y repense.

C'est cependant dans cette douleur que j'ai appris toutes les notions de base :
- sensibilité iso
- vitesse d'obturation
- ouverture
- profondeur de champ
- balance des blancs

Et durant cette période d'apprentissage, on oublie toujours plusieurs de ces paramètres lorsqu'on prend une photo, ce qui conduit inévitablement à des photos ratées !

Tout le mode de pensée consistant à observer l'environnement, que j'avais appris avec mon compact, n'existe pas à ce moment là.
Ma concentration est absorbée par des notions techniques de base.

Et comme si cela ne suffisait pas, c'est forcément le début de l'apprentissage de photoshop.
Le sentiment que l'on ressent lorsqu'on commence à utiliser ce logiciel, est le même que celui que l'on éprouve lorsqu'on ouvre le capot de sa voiture sans rien y connaître en mécanique :
"Mais qu'est-ce que c'est que cette usine à gaz ?"

Le reflex, suivi de photoshop, ce fût la double peine ! Le radar qui te flashe après qu'un dos d'âne ait détruit tes suspensions.

Je n'ai aucun souvenir agréable de cette période d'apprentissage; et de nombreuses années après, je me demande où j'ai bien pu trouver la détermination pour ne pas tout abandonner là!

Cependant, cette barrière, et la douleur que l'on peut vivre pour la franchir, sont absolument nécessaires pour évoluer

No pain, no gain !

24 juin 2016

Explorez le monde avec un appareil compact

Lorsque mon intérêt pour la photographie a commencé à ressurgir, nous étions entré dans l'ère du numérique depuis quelques années. Les téléphones portables n'étaient pas encore aptes à prendre de photos exploitables.

C'était une période durant laquelle je me trouvais sans emploi; j'étais installé à Paris et je faisais énormément de ballades nocturnes ou en après-midi. Je n'avais pas d'idée précise de ce que je voulais photographier. Mais j'avais ce besoin inexpliqué de déclencher, capturer, ce que je voyais.

Pour mon anniversaire, mes parents m'ont offert alors mon premier appareil photo numérique. Il s'agissait d'un compact Fujifilm, de la série F.




Bien qu'étant encore loin de penser à toutes les notions techniques et optiques de la photographie, avoir un compact n'est pas sans aspect pédagogique. L'appareil ne comptait plus, et lors de mes longues ballades, je passais moins de temps à me questionner sur moi-même et commençais à regarder plus attentivement mon environnement.
Je commençais à chercher des détails, des couleurs, des formes, des textures... Instinctivement, je m'émerveillais devant la beauté d'une ligne de fuite créée par les câbles au dessus d'une voie ferrée. Sans la connaître, j'appliquais parfois la règle des tiers. Puis, je me mettais à jouer avec les ombres et les lumières et à expérimenter. Je faisais par exemple passer de la lumière à travers une chaise maillée pour photographier les motifs qui se dessinaient alors au sol.

C'est sans doute l'appareil avec lequel j'ai le plus expérimenté. Cependant, en y repensant, avec le recul, le monde du vivant ne faisait pas partie du mon regard. Seule la nature morte se trouvait dans mon objectif.

En lisant les forums, aujourd'hui, je constate que beaucoup de photographes renient les compacts et les déconseillent. Et bien, je fais tout le contraire. C'est un moyen de s'affranchir des contraintes techniques pour se focaliser sur son regard extérieur. Apprendre à regarder autour de soi devrait être la première de toutes les leçons de photographie, avant même de parler d'ouverture, d'exposition, de profondeur de champs et autres. Cherchez des fleurs dans la ville, des lumières particulières, des jeux d'ombres; observez les formes, l'architecture. Cherchez les évènements.

Ouvrez votre regard au monde!
Explorez !

Sensibilisation à la photographie grâce à Pif Gadget



 Un souvenir a jailli de ma mémoire cette nuit, alors que je m'apprêtais à m'endormir. Mon premier appareil photo !
Cela remonte à déjà pas mal d'années; je devais avoir entre 6 et 9 ans, et lorsque j'accompagnais ma mère chez le marchand de journaux, je guettais la sortie de Pif Gadget; toujours à l'affut d'un de leurs gadgets qui étaient magnifiquement conçus de manière à susciter l'imagination de l'enfant.

Il y eu ce jour où, dans un des numéros, était offert un appareil photo ! Oui !




Ce n'était pas celui qu'on voit sur la photo ci-dessus; mais un autre véritable appareil photo, fonctionnel :

Un Holga micro-110 !
Il était jaune avec une attache de porte-clés.




Appareil très simple, dans l'esprit lomographique. Bien entendu, je ne savais pas ce qu'était la lomo à cet âge là.

Pas de mise au point, pas de réglage d'exposition, cadrage approximatif à l'aide d'un petit cadre de plastique rabattable.
On y chargeait des films 110 qui n'étaient pas évidents à trouver; ce qui fait que je n'ai dû me servir de cet appareil qu'une seule fois.




Quoiqu'il en soit, tel que dans le film Inception, une idée avait été implantée dans mon esprit; et je n'imaginais pas à quel point cette idée allait grandir.
Sans parler de l'impact qu'a eu sur moi le polaroïd d'un de mes grand oncles. J'étais fasciné par le côté magique de cette boite qui te sortait ta photo imprimée et prête en quelques minutes de séchage.
"L'écran LCD avant le numérique" ! Héhé !

Et qui avait-il de mieux pour initier un jeune enfant à la photographie que cela? Un appareil qui ressemble à un jouet, assez petit pour qu'il s'imagine être un espion dans Mission impossible (Pour les plus jeunes d'entre vous, je parle de la vieille série télévisée, pas des blockbusters hollywoodiens avec Tom Cruise).
Pas de notions optiques complexes pour dégoûter l'enfant, juste ce qu'il faut pour lui émoustiller l'esprit. Une idée dans la tradition "Pif Gadget".

C'est suite à ça que je demandais indirectement à mes parents mon premier appareil photo 35mm argentique. En fait, je n'arrêtais pas de râler de ne pas trouver les films 110 pour mon Holga, et ils ont fini par craquer. Je ne me souviens plus du modèle qu'ils m'avaient acheté, et ne suis plus sûr de la marque. Minolta ou Konica peut-être.
A peine plus compliqué que le holga, 3 valeurs ASA possibles, pas de réglage d'obturateur possible, pas de mise au point possible non plus. Sa seule avancée technologique, l'avancée motorisée du film.
Et voilà que je capturais mes premiers souvenirs... en visitant l'aciérie de la Sollac, qui n'existe plus aujourd'hui.

Puis, je ne sais comment, mon intérêt pour la photo a cessé durant plusieurs années pour ressurgir à l'ère du numérique...